Cinq semaines après ce qui a été décrit comme la plus grande introduction en bourse de l’histoire, SpaceX ($SPCX) a décroché d’environ 30 % depuis son sommet. La capitalisation avait brièvement franchi les 2 600 milliards de dollars, dépassant Microsoft et Amazon. Les vendeurs à découvert ont encaissé environ 8,7 milliards de dollars de gains. Elon Musk a répondu le 17 juillet 2026 sur X avec une phrase courte, sans appel : « La probabilité de survie des firmes qui maintiennent une position short significative dans SpaceX sur le long terme est très faible. »
Selon Teslarati, ce message s’inscrit dans un contexte de volatilité post-IPO classique, mais avec un sous-texte stratégique bien rodé.
Ce que dit Musk, mot pour mot
La citation exacte, publiée le 17 juillet 2026 :
« The survival probability of firms who maintain a significant short position in SpaceX over time is very low. »
Pas de chiffres, pas de date, pas de menace directe. Juste un cadrage temporel : sur le long terme. C’est précisément la mécanique rhétorique que Musk utilise depuis des années avec Tesla.
Un schéma déjà vu avec Tesla
Ce n’est pas la première fois. Avec Tesla, Musk a produit le même type d’avertissements à plusieurs reprises.
En 2018, il avait déclaré que les short sellers avaient « environ trois semaines avant que leur position explose ». La hausse du titre avait suivi. En juillet 2024, il avait affirmé que quiconque maintenait une position short sur Tesla une fois la conduite autonome et les robots Optimus en production de masse serait « oblitéré. Même Gates », en référence aux positions short rapportées de Bill Gates sur Tesla.
Le motif est constant : Musk présente le pari contre ses entreprises comme une erreur de raisonnement fondamentale, pas comme une stratégie financière légitime. Il pousse même plus loin : il a qualifié la vente à découvert de « destructrice de valeur » et a suggéré à plusieurs reprises qu’elle « devrait être illégale ».
C’est un angle qu’on retrouve aussi dans l’évolution de la marge nette Tesla depuis 2022, où les critiques des shorts avaient des arguments financiers solides, mais ont sous-estimé la capacité de Tesla à pivoter.
La thèse bullish derrière l’avertissement
L’avertissement de Musk s’appuie sur une analyse qui circule dans les cercles pro-SpaceX : les réductions de coûts de Starship ouvriraient une économie spatiale potentiellement supérieure à 100 000 milliards de dollars de capitalisation créée, selon les projections les plus optimistes. Les secteurs visés incluent :
- l’énergie solaire depuis l’orbite,
- l’exploitation minière d’astéroïdes,
- les data centers orbitaux,
- la terraformation de Mars.
Dans ce scénario, SpaceX serait l’équivalent d’AWS pour l’informatique en nuage : l’infrastructure incontournable sur laquelle tout le reste repose. Lancement, transport d’équipage, trafic de données dans un espace en expansion rapide.
Ce type de valorisation ne se lit pas sur un tableau de bord trimestriel. C’est là que Musk et les shorts parlent deux langues différentes.
Ce que ça change pour toi
Si tu es investisseur, la leçon n’est pas de suivre Musk aveuglément. Les avertissements aux shorts n’ont pas empêché des corrections importantes sur Tesla ou d’autres titres liés à Musk.
Concrètement, ce qui est utile à retenir :
- La volatilité post-IPO est normale. -30 % en cinq semaines sur une valeur qui venait de dépasser les 2 600 milliards, c’est une correction classique sur un titre suracheté à l’introduction.
- Les shorts ont gagné de l’argent à court terme. 8,7 milliards de dollars, ce n’est pas anecdotique. Musk le reconnaît implicitement en répondant.
- Le long terme reste incertain. Les projections à 100 000 milliards sur l’économie spatiale sont spéculatives. Aucune source ne peut les valider aujourd’hui avec des chiffres vérifiables.
À mon avis, Musk n’envoie pas cet avertissement par peur. Il le fait parce que c’est son outil de communication préféré avec les marchés : planter un marqueur psychologique pour que, si SpaceX reprend sa hausse dans douze mois, le récit soit déjà écrit.
Le parallèle Tesla à surveiller
Sur Tesla, la même dynamique se rejoue régulièrement. Quand le titre est sous pression, Musk communique fort sur l’avenir technologique : FSD, Optimus, énergie. Sur SpaceX, ce sera Starship et l’économie orbitale.
Ce pattern a une pertinence directe pour les propriétaires Tesla. Si SpaceX monte, la richesse de Musk augmente, ce qui lui donne plus de levier pour financer ses ambitions chez Tesla. Les deux entreprises sont liées, même si elles sont distinctes. On l’a vu avec le Cybercab : les tests sur route ont commencé à Austin, et le lien entre les technologies SpaceX et Tesla (notamment en calcul embarqué) n’est jamais très loin. D’ailleurs, les tests Cybercab sur route sans volant illustrent bien cette accélération.
Sur le plan du FSD, la trajectoire est similaire : chaque version rapproche Tesla d’une conduite sans supervision, ce qui est la condition pour que le robotaxi soit viable à grande échelle. Le déploiement du robotaxi Tesla à Miami est la démonstration concrète que ces ambitions avancent, même lentement.
Mon avis
Je pense que Musk a raison sur le fond et tort sur la forme. Les shorts qui parient contre SpaceX sur dix ans prennent un risque réel si Starship tient ses promesses de réduction des coûts. Mais présenter ça comme une quasi-certitude de destruction pour les vendeurs à découvert, c’est surtout une posture. La vraie question n’est pas “les shorts vont-ils perdre ?” mais “dans quel délai ?” Et là, personne ne peut répondre honnêtement.
FAQ
Pourquoi SpaceX a-t-il chuté de 30 % après son IPO ?
La correction reflète une dynamique classique post-introduction en bourse : prises de bénéfices des premiers acheteurs, valorisation initiale très élevée (plus de 2 600 milliards de dollars) et pression des vendeurs à découvert.
Que risquent vraiment les vendeurs à découvert sur SpaceX ?
À court terme, ils ont engrangé environ 8,7 milliards de dollars de gains. À long terme, si Starship réduit fortement les coûts de lancement et que l’économie spatiale se développe, une position short maintenue sur plusieurs années deviendrait très coûteuse.
Musk a-t-il déjà eu raison en avertissant les shorts sur Tesla ?
Partiellement. En 2018, la hausse avait suivi son avertissement. Mais les shorts ont aussi gagné lors de nombreuses corrections Tesla. Son bilan est mitigé : il a raison sur le long terme, pas systématiquement à court terme.
SpaceX est-elle liée à Tesla financièrement ?
Non. Ce sont deux entreprises distinctes. SpaceX est désormais cotée en bourse et Tesla est cotée au Nasdaq. Elles partagent le même PDG, Elon Musk, ce qui crée une interdépendance de gouvernance, mais pas une fusion des comptes.
La vente à découvert est-elle légale en France ?
Oui, elle est légale en France et dans toute l’Union européenne, encadrée par l’ESMA et l’AMF. Musk s’y oppose personnellement, mais ses opinions n’ont aucune valeur réglementaire.



