SpaceX a officiellement fixé le prix de son introduction en bourse à 135 dollars par action, proposant 555 555 555 actions de catégorie A. Au total, la société lève 75 milliards de dollars, ce qui en fait le plus grand IPO de l’histoire des marchés financiers. Les actions s’échangent depuis le vendredi 12 juin sur le Nasdaq Global Select Market sous le symbole SPCX. Pour replacer l’ampleur du chiffre : l’IPO record précédent était celui de Saudi Aramco en 2019, à 29 milliards de dollars, suivi d’Alibaba à 22 milliards en 2014.
Le chiffre qui change tout : 1 750 milliards de valorisation
À 135 dollars par action et environ 555,6 millions d’actions, la valorisation implicite de SpaceX ressort autour de 1 750 milliards de dollars. Cela placerait SpaceX parmi les sept premières entreprises américaines par capitalisation, juste au-dessus de Tesla à l’heure actuelle.
Selon Teslarati, les analystes de Wedbush, menés par Dan Ives, ont publié un objectif de cours moyen à douze mois de 165 dollars par action, soit environ 22 % de hausse potentielle depuis le prix d’introduction. Ives a été direct : « Je pense que le moment est bon » et estime que cette offre élargit l’écosystème Elon Musk plutôt qu’elle ne cannibale Tesla.
Tout le monde n’est pas aussi enthousiaste. Motley Fool a pointé que xAI dépense 1 milliard de dollars par mois pour rattraper OpenAI et Anthropic. C’est une ligne de coût non négligeable dans le bilan.
Les investisseurs particuliers peuvent demander des actions au prix IPO via Robinhood, Fidelity, Charles Schwab, SoFi et E*TRADE. L’offre est très sursouscrite : la plupart des allocations retail seront partielles ou nulles. Une fois le trading ouvert, n’importe qui avec un compte de courtage peut acheter SPCX en marché secondaire.
Starlink : le vrai moteur de la valorisation
La valorisation de SpaceX repose avant tout sur Starlink. Le service de connectivité par satellite a dépassé 10 millions d’abonnés en février 2026, avec une croissance de 750 000 à 1,5 million de nouveaux utilisateurs par mois. Le segment connectivité a dégagé 1,19 milliard de dollars de profit sur le dernier trimestre connu.
Starlink a terminé l’année 2025 avec 10 milliards de dollars de revenus. Les analystes projettent 24 milliards de dollars d’ici fin 2026. Ce sont ces chiffres qui ancrent la thèse d’investissement, pas les fusées.
L’offre intègre également xAI, suite à la fusion en actions réalisée plus tôt cette année. L’IA Grok et le supercalculateur Colossus font donc partie du package pour les futurs actionnaires. J’ai déjà abordé les implications de cette dynamique dans mon article sur la fusion SpaceX/Tesla et le package Musk à 1 000 milliards.
Centres de données orbitaux : la prochaine étape
Au-delà de Starlink, Musk a détaillé ses plans pour des satellites “AI1”, des racks de calcul IA en orbite, alimentés par de vastes panneaux solaires et refroidis passivement dans le vide spatial. Une unité de première génération vise environ 150 kW de puissance crête, avec une envergure de 70 mètres pour les panneaux et des radiateurs.
Les liaisons laser relieront ces satellites entre eux et au réseau Starlink, avec une latence de l’ordre de quelques millisecondes depuis l’orbite basse. La production doit monter en régime dans l’usine “Gigasat” à Bastrop, Texas, avec une sortie significative attendue pour fin 2027.
Sur les craintes d’encombrement orbital, Musk a été direct : « L’espace est vraiment grand. Ce n’est pas comme si l’espace allait être surpeuplé. L’espace est énorme. Si tu regardes vraiment les satellites par rapport à la Terre, ils sont si petits que tu ne peux même pas les voir. » SpaceX opère actuellement environ 10 000 satellites Starlink, ce qui lui donne une expérience opérationnelle unique à cette échelle.
Robotaxi Las Vegas : le dépôt Nevada confirme la stratégie
Pendant que l’IPO mobilise l’attention, Tesla avance discrètement sur son déploiement Robotaxi. La société a déposé un dossier de permis auprès du Nevada sous la référence Docket 26-05015, via l’entité Tesla Robotaxi, LLC. L’objectif : opérer jusqu’à 5 000 robotaxis dans le comté de Clark, incluant les zones à fort trafic comme les aéroports de Las Vegas et Henderson, dans les douze premiers mois suivant le lancement.
Ce dépôt s’appuie sur des approbations de tests accordées par le DMV du Nevada en septembre 2025. Las Vegas est un choix stratégique : une destination touristique mondiale exposant des millions de visiteurs aux capacités d’autonomie de Tesla. J’ai analysé cette stratégie en détail dans mon article sur le dossier Nevada et la stratégie Robotaxi.
Le deck Q1 2026 de Tesla indique des « préparations en cours » pour Las Vegas, aux côtés de Phoenix, Miami, Orlando et Tampa. Les miles Robotaxi payants ont quasi doublé séquentiellement au T1 2026.
FSD v14 Lite : une réponse aux propriétaires Hardware 3
Autre sujet qui mobilise la communauté Tesla : le sort des propriétaires de véhicules équipés du calculateur Hardware 3. Tesla a reconnu lors du dernier appel aux résultats que ces voitures ne pourront pas atteindre le Full Self-Driving complet, Hardware 3 disposant seulement d’un huitième de la bande passante mémoire de Hardware 4.
La réponse de Tesla s’appelle FSD v14 Lite. Un déploiement en juin 2026 a été évoqué par des dirigeants de la société, sans confirmation officielle à date. Tesla a précisé en avril 2026 qu’une extension aux marchés internationaux suivrait le déploiement américain.
La promesse non tenue reste sensible : Musk avait affirmé en 2019 que tout véhicule produit à l’époque possédait « tout le matériel nécessaire pour le Full Self-Driving » et que la mise à niveau du calculateur serait gratuite pour les acheteurs FSD. Pour en savoir plus sur les controverses liées au FSD et les procédures en cours, voir mon article sur FSD et promesses non tenues.
Pour bien comprendre la différence entre Autopilot et FSD, et pourquoi ce sujet compte autant pour les propriétaires, tu peux aussi consulter mon guide Autopilot et FSD : quelle différence ?.
Ce que ça change pour toi
Si tu possèdes des actions Tesla, l’IPO SpaceX modifie l’équation de ton portefeuille. La valorisation de SpaceX (1 750 milliards) dépasse désormais Tesla sur le papier, alors que les deux entités partagent le même fondateur et une base d’actionnaires qui se recoupent largement.
Concrètement, une fusion ou une intégration plus étroite entre les deux sociétés reste une possibilité discutée par les analystes. Certaines clauses du package de rémunération de Musk pourraient se déclencher automatiquement dans ce scénario.
Pour les investisseurs français, l’accès à SPCX passe par les plateformes de courtage internationales proposant le Nasdaq. Le ticket d’entrée à 135 dollars par action reste accessible, mais la sursouscription rend une allocation à l’IPO quasi impossible pour le retail européen. Le marché secondaire reste la voie réaliste dès l’ouverture des échanges.
Mon avis
L’IPO SpaceX est spectaculaire par ses chiffres, et Starlink justifie une bonne partie de la valorisation avec des revenus réels et une croissance mesurable. Mais 75 milliards levés sur une société qui porte aussi xAI, avec 1 milliard de dollars de dépenses mensuelles dans l’IA, c’est un pari sur le futur autant qu’un investissement sur le présent. À mon avis, le vrai test sera la capacité de Starlink à atteindre ses 24 milliards de revenus projetés d’ici fin 2026. Si les chiffres sont là, le cours suivra. Si la croissance ralentit, la valorisation de 1 750 milliards paraîtra fragile.
FAQ
À quel prix SpaceX a-t-elle été introduite en bourse ?
SpaceX a fixé le prix de son IPO à 135 dollars par action, levant un total de 75 milliards de dollars. C’est le plus grand IPO de l’histoire des marchés boursiers.
Sous quel ticker s’échange SpaceX en bourse ?
Les actions SpaceX s’échangent sur le Nasdaq Global Select Market sous le symbole SPCX depuis le 12 juin 2026.
Quelle est la valorisation implicite de SpaceX lors de son IPO ?
À 135 dollars par action et environ 555,6 millions d’actions, la valorisation ressort autour de 1 750 milliards de dollars, ce qui placerait SpaceX parmi les sept premières entreprises américaines.
Que contient l’IPO SpaceX au-delà de Starlink ?
L’offre intègre également xAI, suite à une fusion en actions réalisée en 2026, ajoutant l’IA Grok et le supercalculateur Colossus à la thèse d’investissement.
Les propriétaires Tesla Hardware 3 vont-ils recevoir le FSD v14 Lite en juin 2026 ?
Des dirigeants de Tesla ont évoqué un déploiement en juin 2026 pour FSD v14 Lite sur Hardware 3, mais aucune confirmation officielle n’avait été publiée à la date de cet article.
Information et avertissement
Cet article est rédigé à titre informatif et ne constitue pas un conseil en investissement. Les informations présentées sont issues de sources publiques et peuvent évoluer rapidement. Investir en bourse comporte des risques, dont la perte partielle ou totale du capital investi. Consulte un conseiller financier agréé avant toute décision d’investissement.